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L’histoire du cutting en MMA : La dangereuse évolution de la perte de poids

Un combattants de MMA qui se pèse en vue de son combat

C’est ce que l’on appelle le combat avant le combat. Pour tout fan de sports de combat, la pesée est un moment de tension palpable, souvent marqué par des visages émaciés et des regards vides. L’histoire du cutting en MMA est indissociable de l’évolution même de ce sport. Ce processus de déshydratation brutale, conçu pour obtenir un avantage physique le soir du combat, a transformé l’approche athlétique des combattants. Mais comment la perte de poids extrême à l’UFC est-elle devenue une norme systémique, au point de mettre parfois la vie des athlètes en danger ?

Des origines « Open Weight » à l’instauration des catégories de poids

Il faut remonter à la création de l’UFC en 1993 pour comprendre la genèse du problème. À l’origine, le concept même de l’Ultimate Fighting Championship reposait sur l’absence totale de catégories de poids. L’objectif était de prouver quelle discipline martiale était supérieure, peu importe le gabarit. Les spectateurs assistaient à des affrontements surréalistes, comme Royce Gracie (environ 80 kg) soumettant des adversaires dépassant allègrement les 100 kg.

Cependant, pour que le MMA survive aux pressions politiques (notamment celles de John McCain qui qualifiait ce sport de « combat de coqs humain ») et soit sanctionné par les commissions athlétiques, il a fallu le réguler. En 2000, les Règles Unifiées du MMA sont adoptées. L’instauration stricte des catégories de poids (Poids Légers, Mi-Moyens, Moyens, etc.) visait à protéger les athlètes en garantissant des combats équitables. Ironiquement, c’est cette règle de sécurité qui a donné naissance à l’une des pratiques les plus dangereuses du sport actuel.

L’influence de la lutte et l’escalade du cutting en MMA

Une fois les catégories instaurées, la logique s’est inversée. Les combattants ont cherché à combattre dans la catégorie la plus basse possible pour bénéficier d’un avantage de taille et de puissance le soir de l’événement.

Cette culture n’a pas été inventée par le MMA. Elle a été importée massivement par les lutteurs universitaires américains (NCAA), rompus depuis leur plus jeune âge aux techniques de privation d’eau et de sudation forcée. Avec l’arrivée de la lutte comme base dominante du MMA moderne, le cutting en MMA s’est professionnalisé.

Le protocole s’est standardisé de manière effrayante :

  1. Water Loading (Surcharge hydrique) : Boire jusqu’à 8 litres d’eau par jour en début de semaine pour forcer le corps à purger les fluides.
  2. Restriction drastique : Couper totalement l’apport en eau et en sodium à 48 heures de la pesée.
  3. Sudation extrême : Utilisation de saunas portatifs, de combinaisons de sudation (sweat suits) et de bains brûlants au sel d’Epsom pour extraire les derniers litres d’eau sous-cutanée.

Aujourd’hui, il est courant de voir des athlètes perdre (et reprendre) entre 10 et 15% de leur poids corporel total en l’espace de 48 heures.

Drames, régulations et l’ère de l’USADA

La déshydratation des combattants n’est pas qu’une question de volonté ; c’est un choc physiologique violent. Le manque de fluide cérébrospinal (le liquide qui protège le cerveau) rend les athlètes extrêmement vulnérables aux traumatismes crâniens (KO) lors du combat. De plus, les reins et le système cardiovasculaire sont poussés à leurs limites absolues.

Face à la multiplication des hospitalisations de dernière minute (et de combats annulés la veille d’un événement), plusieurs mesures historiques ont été prises :

  • 2015 – L’interdiction des intraveineuses (IV) : Avec l’arrivée de l’USADA (l’agence antidopage) à l’UFC, l’utilisation de poches de réhydratation par intraveineuse après la pesée a été bannie. Officiellement pour éviter de masquer des produits dopants, cette règle a forcé les combattants à se réhydrater par voie orale, rendant les cuttings extrêmes plus difficiles à récupérer.
  • Les tests d’hydratation du ONE Championship : Suite au décès tragique du combattant Yang Jian Bing fin 2015, l’organisation asiatique ONE Championship a banni le cutting par déshydratation. Les combattants subissent des tests réguliers du taux d’hydratation urinaire durant la semaine du combat, forçant les athlètes à combattre à leur véritable « poids de marche ».
  • La surveillance des commissions californiennes (CSAC) : En Californie, les combattants qui reprennent plus de 10% de leur poids de corps entre la pesée officielle et le moment de monter dans la cage peuvent voir leur combat annulé ou être forcés de monter de catégorie pour leurs futurs affrontements.

Le cutting reste aujourd’hui le plus grand paradoxe du MMA professionnel : une torture auto-infligée, tolérée par l’industrie, mais que de plus en plus d’experts médicaux souhaitent voir abolie pour la pérennité du sport.

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